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Se relier à Dieu : désuet ou vital ? Retrouver la foi au quotidien

Susana d'Arcambel · 1 octobre 2026 · 7 min de lecture

Jaquette de l'épisode « Se relier à Dieu : désuet ou vital ? » : une pâquerette au milieu de feuilles d'automne dorées

Voici un épisode court, mais qui est peut-être l’un des plus importants de cette année. Comment se reconnecter à la foi ? La foi en Dieu, en l’univers, en l’amour : mettez le mot qui parle le plus à votre cœur. Quelle que soit votre religion, je crois que la foi dépasse tous les dogmes. Avoir la foi est un acte profondément humain, spirituel, divin, qui nous permet de garder espoir, quoi que nous traversions. Dans l’épisode #111 de Fleur de Cactus, je me demande si se relier à Dieu est désuet ou vital, et ma réponse, vous vous en doutez, penche nettement d’un côté.

Avoir la foi, c’est passer de la résistance à l’accueil

Avoir la foi, c’est accepter ce que Dieu nous envoie, le bon comme le mauvais. C’est considérer que tout ce qui nous arrive est juste, que tout est expérience. Face à quelque chose de douloureux, la foi nous fait quitter la résistance pour l’accueil de ce qui est. On ne lutte plus, on accueille, parce que cela doit être, comme si l’on faisait confiance à cet agencement cosmique et mystérieux des choses.

Et puisque nous cessons de nous agripper, nous déployons moins d’efforts, et c’est précisément là que nous pouvons recevoir un peu de baume au cœur. Avoir la foi, c’est aussi avoir confiance : se sentir protégé, quels que soient les événements, et faire confiance à la justesse de ce qui en découlera, que l’issue semble jouer pour nous ou contre nous.

Ce que m’enseigne mon grand-père

L’idée de cet épisode m’est venue de mon grand-père, que j’aime de tout mon cœur. Il traverse en ce moment une épreuve de vie, et je ne l’ai jamais vu aussi fort. Il a gardé sa lumière, sa joie de vivre, son côté solaire, son charisme, tout simplement parce qu’il a la foi. C’est un catholique fervent et très pratiquant, qui m’a enseigné beaucoup de choses, et contre qui je me suis aussi beaucoup rebellée, justement à cause des préceptes religieux auxquels il tenait mordicus.

De la rébellion à une pratique quotidienne

Je ne me considère pas catholique à proprement parler, même si le catholicisme a façonné, et façonne encore, beaucoup de mes réactions émotionnelles et sans doute ma façon de vivre ma spiritualité. Longtemps, j’ai confondu spiritualité et religion. Aujourd’hui, j’ai réussi à me réapproprier ces concepts, qui sont devenus de véritables moteurs, et j’ai mis en place une pratique où je me relie à Dieu chaque jour. C’est devenu presque une hygiène émotionnelle, une hygiène de vie.

« Offre cela au bon Dieu »

Mon grand-père me disait souvent une phrase que je n’ai comprise que très récemment : « Offre cela au bon Dieu. » Il la prononçait lorsqu’il m’arrivait quelque chose de positif, lorsque je devais fournir un effort difficile pour atteindre un objectif, ou lorsqu’il traversait lui-même une épreuve : « Je l’offre au bon Dieu. » Offrir à Dieu ce qui nous arrive d’agréable, et offrir aussi les efforts déployés dans l’épreuve, c’est une façon de ne pas s’agripper au bonheur, et de ne pas se définir à travers la souffrance.

Pourquoi la foi accélère le chemin intérieur

Je le constate dans mes accompagnements : les personnes qui ont déjà la foi, ou une pratique spirituelle, avancent beaucoup plus vite et plus en profondeur dans la manière dont elles transmutent leurs émotions et leurs traumas. Parce qu’elles ont confiance dans le processus, elles partent du principe que tout est juste, qu’elles en sortiront de toute manière plus fortes, avec davantage de ressources, et qu’elles sont en quelque sorte protégées pendant ce cheminement. La foi est au cœur de la philosophie du yoga, de nombreuses sagesses ancestrales et de toutes les religions du monde.

Être son propre guide, et savoir lâcher prise

Pourtant, parler de spiritualité devient presque inconvenant. Elle est souvent tournée en dérision dans notre société occidentale, et notamment française, si imprégnée de pensée cartésienne, au point qu’il ne semble plus y avoir de place pour une entité plus grande que nous. Je parle beaucoup d’ancrage corporel et de retour à soi, en atelier comme en retraite ; mais se recentrer sert à accéder à sa lucidité, à agir avec plus de discernement et, à un moment donné, à cesser de regarder son nombril pour offrir le meilleur de soi au monde.

Oui, nous sommes notre propre guide, je ne cesse de le répéter dans le podcast. Mais il faut aussi savoir lâcher prise, sans quoi être son propre guide ne mène nulle part. Nous avons besoin de croire en quelque chose de plus grand pour avancer avec plus de légèreté ; sinon, nous restons agrippés à notre mal-être, à ce que nous voudrions et à ce que nous refusons, et la vie devient amère, frustrée, sans feu intérieur. Ce plus grand peut s’appeler Dieu, l’univers, l’amour, la nature ou cette intelligence cosmique qui fait alterner le jour et la nuit, et sans laquelle il n’y aurait pas de vie sur Terre. Rien que cela est magique, et nous passons à côté de ce mystère comme s’il était devenu normal.

L’offrande, un geste pour se décentrer

Ailleurs, cette reliance imprègne le quotidien. Lorsque je vivais au Mexique, on m’a dit « Que Dios te bendiga » des centaines de fois. En Inde et au Népal, c’était « God bless you » ; au Maroc et dans les pays du Maghreb, « Inch’Allah » ou « Hamdoulilah ». Toutes ces phrases sont des bénédictions, une manière de s’en remettre à une intelligence qui sait mieux que nous.

Au Népal, l’offrande est au cœur du rituel. Le matin, de nombreuses femmes nettoient le pas de leur porte et y créent un mandala de fleurs, pour offrir cette beauté au divin, à Shiva, aux ancêtres, selon les nombreuses sagesses qui coexistent là-bas. Toutes les classes sociales le font, et les enfants qui passaient devant les temples de quartier prenaient une fleur et la posaient sur leur tête avant d’aller à l’école. Je trouvais cela tellement beau.

Offrir permet de se décentrer. Lorsque l’on offre quelque chose qui vient du cœur, quels que soient nos malheurs, nous nous connectons à une part de nous bien plus grande que notre tristesse ou notre frustration. C’est pourquoi, lors des cercles de parole de mes retraites, je crée toujours un mandala de fleurs et de lumières. Si vous souhaitez vivre ce temps de reliance, la prochaine Odyssée aura lieu du 20 au 22 novembre 2026 au Château de Ligoure.

Retrouver votre foi, celle qui vous parle

Je ne suis pas là pour faire du prosélytisme : chacun son chemin. Je vous invite simplement à réactiver votre foi, celle qui vous parle, et à vous réapproprier les messages spirituels que portent les religions, même lorsqu’ils vous ont semblé dogmatiques. Trouvez ce qui vous relie à cette part intuitive, divine, créatrice et vibrante qui vit en vous. Pour commencer par un temps d’introspection, vous pouvez aussi télécharger mon carnet introspectif gratuit.

Pour écouter cet épisode en entier, c’est par ici : « #111 Se relier à Dieu : désuet ou vital ? ». Partagez-le à une personne qui en aurait besoin, et ouvrez le débat autour de vous : qu’est-ce qu’avoir la foi, et pourquoi l’avons-nous perdue en Occident ? Ces discussions sont riches, profondes, et elles font un bien fou. Et vous, à quoi vous sentez-vous relié ?

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