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Comment naviguer dans un monde en crise sans se perdre soi-même

Susana d'Arcambel · 25 octobre 2026 · 5 min de lecture

Portrait de Susana d’Arcambel en extérieur, enveloppée d’un châle, devant une végétation d’automne

Faut-il se détourner de l’actualité pour se protéger, ou est-ce au contraire en la regardant en face que l’on peut apprendre à demeurer debout ? Telle est la question qui habite l’épisode #104 de Fleur de Cactus, que je viens de rediffuser sur le podcast. Force est de le reconnaître : le monde évolue à une vitesse vertigineuse, et il nous ébranle profondément. Je souhaiterais vous partager ici les trois réflexions qui m’aident à traverser cette période, avec sensibilité, certes, mais sans jamais fermer les yeux.

Quand l’actualité épuise notre système nerveux

Les violences urbaines, les manifestations qui dégénèrent, les guerres à l’autre bout du monde, les faits divers sordides et les notifications qui s’abattent sur nos téléphones à toute heure nous donnent le sentiment que l’horreur se déroule sous nos yeux, que nous en faisons partie tout en demeurant spectateurs, sans savoir comment agir. Or un système nerveux qui reçoit du stress sans pouvoir le décharger dans le corps, dans l’action, finit inévitablement par s’épuiser. Je fais moi-même partie de ces personnes hypersensibles qui, lorsqu’elles regardent les informations sans s’en être préalablement protégées, y repensent longtemps, et je connais intimement cette tentation de tout interrompre pour se réfugier dans une bulle où rien ne viendrait troubler la paix intérieure si patiemment construite.

Et pourtant, plus j’avance sur mon chemin, plus je suis convaincue que se couper de l’information revient, d’une certaine manière, à se couper de la réalité, et que poursuivre son développement personnel dans son coin, en ignorant ce qui se passe alentour, recèle quelque chose d’antinomique et de profondément égocentré. La question n’est donc pas de savoir s’il faut regarder le monde, mais bien comment le contempler sans s’y noyer, et c’est précisément à cette interrogation que tentent de répondre les réflexions qui suivent.

S’informer pour s’outiller et soigner sa propre crise intérieure

La première consiste à continuer de s’informer, en diversifiant ses sources et en croisant les points de vue, à la manière dont on consulte la météo avant de partir en voyage afin de glisser dans sa valise les affaires appropriées. Il ne s’agit nullement de nourrir la peur, mais de s’outiller, de se responsabiliser, et de pouvoir orienter nos intentions, nos souhaits et nos pratiques vers celles et ceux qui en ont besoin. Des lois passent, parfois liberticides, et je me demande souvent ce que je ferai, lorsque je serai mère, pour protéger mon enfant ; je suis en chemin, moi aussi, comme vous, et si ces questions peuvent se révéler angoissantes, elles ont également le pouvoir de nous mettre en marche. Les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain : comment les préparer et les rendre aussi autonomes que possible ?

La deuxième réflexion découle naturellement de la première : si le monde traverse une crise, c’est aussi parce que nous vivons, chacune et chacun, une crise intérieure, et que ce qui se déroule à l’extérieur reflète ce qui se joue en nous, dans notre manière de parler à notre voisin, à nos enfants ou à notre conjoint. Ainsi, avant de critiquer ce qui advient à l’autre bout du monde, peut-être pourrions-nous commencer par balayer devant notre propre porte, soigner nos blessures et accueillir nos colères comme nos peurs avec honnêteté et tendresse, afin de devenir, dans notre entourage, un point d’ancrage : une présence stable, qui ne nie pas la tempête mais refuse de se laisser emporter par elle. Ce travail passe par le corps, par la respiration et par une pratique régulière qui permet au système nerveux de se sentir en sécurité ; c’est tout le sens du programme Ancrage que je propose, ainsi que des pratiques de yoga que vous retrouverez sur le Studio Fleur de Cactus.

Garder la foi, ou l’art de la confiance

La troisième réflexion, peut-être la plus importante, nous invite à garder la foi. Fides, en latin, signifie la confiance, et lorsque je considère le nombre de personnes qui, ces dernières années, éprouvent le besoin de se soigner, de pratiquer et de se relier à une communauté, je me dis qu’il y a nécessairement de l’espoir dans tout cela. Nous avons besoin de nous relier à la foi, non pas forcément à une religion, mais à cette confiance profonde qui nous permet de rester debout lorsque tout vacille. Tout est juste.

Si ces réflexions résonnent en vous, je vous invite à écouter l’épisode #104 « Comment naviguer dans un monde en crise ». Je propose également depuis quelques mois mes podcasts sur ma chaîne YouTube, où vous trouverez aussi des séances de yoga pour vous apporter un peu de chaleur.

Transformer ce que l’on ressent en action

Naviguer dans un monde en crise ne revient ni à fermer les yeux, ni à se laisser submerger, mais à s’informer avec discernement, à prendre soin de sa propre crise intérieure et à cultiver une confiance qui nous remet en mouvement. Notre sensibilité n’est pas une faiblesse ; lorsqu’elle est bien ancrée, elle peut devenir une force au service des autres.

J’aimerais donc vous poser cette question : face à une actualité qui vous bouleverse, qu’est-ce qui vous aide, concrètement, à transformer ce que vous ressentez en action, plutôt qu’en peur ? Je serais très curieuse de vous lire.

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