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Intuition et médiumnité : mon coming out de sorcière

Susana d'Arcambel · 16 octobre 2026 · 5 min de lecture

Susana d’Arcambel assise sur un canapé avec sa chienne, dans un salon aux murs jaunes

Depuis plusieurs mois, nombre d’entre vous me faisaient remarquer que je contournais le sujet, et qu’il serait peut-être temps que je raconte enfin, sans détour, mes histoires avec l’intuition, la médiumnité et le paranormal. Je me suis donc lancée, et dans l’épisode #113 de Fleur de Cactus, j’accomplis ce que j’appelle, avec un sourire, mon coming out de sorcière ; car, au-delà de la boutade, je crois profondément que nous sommes toutes et tous un peu sorcières et sorciers. Je souhaiterais vous livrer ici les grandes étapes de ce chemin, et surtout ce qu’il m’a enseigné.

Du silence à la confiance : pourquoi je parle aujourd’hui

Ce sujet ne m’est pas aisé. Durant de longues années, je n’ai pas perçu l’intérêt de partager publiquement ces expériences, n’ayant aucun désir de susciter la fascination. Aujourd’hui, en revanche, je sais comment je veux mettre ces capacités au service des autres, et je suis convaincue que se reconnecter à son intuition peut aider beaucoup de personnes à faire des choix plus conscients, plus lucides et plus justes, qu’il s’agisse de choisir ses relations, de s’éloigner de celles qui nous abîment ou de prendre conscience de croyances qui nous limitent. Cette lucidité passe par le corps, et c’est d’ailleurs à travers une sensorialité toujours plus affinée que tout a commencé à s’ouvrir en moi.

L’ouverture vers le monde de l’invisible remonte à 2009, lorsqu’un accident de voiture au Mexique m’a fait frôler la mort. Lorsque l’on approche ainsi de la fin, quelque chose en nous se réinitialise, et nos valeurs, nos priorités, ce qui nous donne véritablement l’élan de nous lever le matin, se trouvent redistribués. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me relier à cette entité plus vaste que certains nomment Dieu, d’autres la conscience universelle ou l’univers, chacun selon son propre référentiel, qui dans mon cas est Dieu ; c’est également là qu’a germé ce que j’aime appeler la discipline du cœur, qui consiste à me demander, tout simplement, ce qui nourrit mon énergie.

Quand l’invisible effraie : du château au Népal, puis la lumière de l’Inde

Un an plus tard, jour pour jour, j’ai ressenti une présence, et j’ai éprouvé une peur immense. À cette époque, la culture ésotérique qui foisonne aujourd’hui n’existait guère, si bien que les seules images dont je disposais étaient celles des films d’horreur. Vinrent ensuite une nuit troublante dans un château, où je me suis retrouvée assignée à la seule chambre qui me donnait des frissons, puis, au Népal, des expériences de plus en plus sombres, qui allèrent jusqu’à provoquer des crises d’angoisse. Ces rencontres avec l’invisible n’avaient alors rien de lumineux : elles étaient proprement terrifiantes.

C’est mon passage dans un ashram en Inde, il y a dix ans, qui m’a révélé la facette lumineuse de ce monde invisible. J’ai alors pris conscience de l’importance d’une pratique spirituelle pour m’ancrer, et, selon mon prisme du moins, c’est cette voie qui m’a offert la sécurité intérieure que je recherchais. Il m’aura pourtant fallu encore de nombreuses années, une formation en Yoga Nidra, puis une autre consacrée à la compréhension du système nerveux, ainsi que la rencontre de nombreux thérapeutes, médecins et personnes « connectées » qui m’ont, chacune à leur manière, autorisée à ressentir ce que je ressentais, pour qu’enfin je m’accorde cette autorisation à moi-même. Car l’on a beau dire à quelqu’un ce qu’il devrait faire, si l’élan ne naît pas de lui, rien n’aboutit.

Ouvrir le canal, c’est d’abord cesser d’avoir peur

Pour moi, ouvrir le canal signifie avant tout cesser d’avoir peur. De nature combative, j’ai choisi d’affronter ces peurs, et j’ai commencé par méditer dans l’obscurité, alors que le noir m’avait longtemps effrayée, jusqu’à ce que quelque chose, en moi, finisse par se dénouer. J’ai ensuite appris à apprivoiser mon propre vocabulaire sensoriel, la vision et le clair ressenti dans mon cas, et à m’ancrer suffisamment pour discerner si une information provenait de moi, de la personne que j’accompagne ou d’ailleurs, ce discernement me semblant être la clé de toute cette exploration. Dans l’épisode, je vous raconte aussi mon tout premier contact avec un défunt, vécu la semaine même de l’enregistrement : j’avais tant lu sur le sujet, et reçu tant de médiums au micro, qu’il était temps que j’en fasse moi-même l’expérience.

Ce que j’ai le plus à cœur de vous transmettre, cependant, c’est que je ne suis pas une élue. Nous sommes toutes et tous dotés de cette intuition, et elle se muscle, pour peu que l’on cultive un ancrage corporel solide, un système nerveux qui se sente en sécurité et un patient travail sur ses propres blessures émotionnelles. Nul besoin d’en faire une vocation ; la développer, même modestement, peut néanmoins transformer notre manière de choisir, d’aimer et de vivre. Si vous ressentez le désir de prendre ce temps pour vous reconnecter à votre intuition, il reste quelques places pour la retraite L’Odyssée, près de Limoges, du 20 au 22 novembre 2026 : un temps de yoga et de bilan de fin d’année pour contempler ce que l’année écoulée vous a enseigné et vous projeter vers 2027 avec un peu plus de clairvoyance.

Apprivoiser ses peurs pour retrouver sa lumière

Mon chemin avec l’invisible a commencé dans la peur et se poursuit aujourd’hui dans la confiance ; entre les deux, il y eut le corps, la pratique, les rencontres, et surtout cette autorisation intérieure que nul autre que moi ne pouvait m’accorder. Pour entendre toutes ces histoires de vive voix, avec leurs détails et leurs frissons, je vous invite à écouter l’épisode #113 « Je fais mon coming out de sorcière ».

J’aimerais enfin vous poser cette question : y a-t-il des ressentis que vous avez longtemps tenus à distance, simplement parce qu’ils vous faisaient peur ? Je serais très curieuse de vous lire.

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